Brest

Zakaria Diallo : "Je pensais que je jouerais..." (exclu Madein)

Zakaria Diallo, ici face au RC Lens la saison dernière.

Utilisé à seulement deux reprises cette saison par Jean-Marc Furlan, qui en avait pourtant fait le pilier de sa défense l'an dernier, Zakaria Diallo paie un été durant lequel il a laissé transparaître ses envies de départ. Maladroitement, peut-être, et sans réelle garantie sur son avenir, sûrement. C’est ce que reconnaît le défenseur du SB 29, plus que jamais motivé à trouver un nouveau challenge, ailleurs...

C’est bien connu, "dans le football, tout va très vite !" Même s’il n’a découvert le monde professionnel qu’à 24 ans, Zakaria Diallo est bien placé pour le savoir. Récompensé de sa formidable première saison à Brest par une place dans l’équipe-type 2016-17 de Ligue 2 il y a six mois, le grand défenseur de 31 ans se retrouve aujourd’hui au placard, dans le Finistère. Un paradoxe qui frustre autant le joueur qu’il coûte à la formation de Jean-Marc Furlan, huitième de Ligue 2 après la 17e journée.

Pour faire la lumière sur cette situation, il faut revenir au début de l’été dernier, à une époque où l’échec de la montée en L1 avait fait naître chez Diallo l’envie de découvrir l’élite loin du Stade Francis-Le Blé. "On n’était pas parti pour jouer la montée, mais avec le groupe qu’on avait et un très bon coach comme Furlan, on a fini par batailler jusqu’à la dernière journée. Malheureusement, on n’a pas pu monter, mais, moi, je voulais rejouer en Ligue 1", nous explique l’ancien Dijonnais, qui compte 3 apparitions en L1 avec le club bourguignon (saison 2011-12). "Je suis un joueur ambitieux et avec la très bonne saison que je venais de faire, je voulais partir jouer en Ligue 1."

Diallo fait son mea culpa

Sans se cacher, Diallo a fait part de son choix à sa direction, conforté par l’offre que s’apprêtait à lui faire Troyes, tout juste promu suite à son barrage victorieux contre Lorient. "Au début du mercato, je leur ai annoncé que j'étais sur le départ. Ils étaient déçus, ils n’ont pas trop compris", se souvient Diallo. Malheureusement pour lui, l’ESTAC a brusquement cessé de prendre de ses nouvelles, préférant miser sur Oswaldo Vizcarrondo. Les contacts noués avec Le Havre, Sheffield (D2 anglaise) et Atromitos (Grèce), plus tard dans l’été, ne se sont pas avérés plus fructueux et le 31 août est arrivé sans que Diallo ne trouve la porte de sortie qu’il recherchait.

"J’ai peut-être mal géré les choses", reconnaît-il aujourd’hui. "J’avais deux agents différents, ça n’a pas aidé à clarifier ma situation auprès des clubs. Aujourd’hui, je ne suis représenté que par Nicolas Benichou et c’est lui qui gère mon avenir." Celui-ci peut-il s’écrire à Brest ? La question se posait encore au mois d’octobre, quand Jean-Marc Furlan a réintégré Diallo à son groupe pour la réception d’Auxerre (1-1) et un déplacement à Nîmes (défaite 4-0). "Le coach avait pas mal d’absences à pallier et il voyait que je revenais bien, que j’étais impliqué, alors qu’avant, je dois avouer que j’avais la tête ailleurs..." Mais après le voyage dans le Gard, Furlan n’a plus repris son numéro 19, sans que ce dernier ne sache pourquoi. "Après ces deux matchs, il ne m’a rien dit, je n’ai eu aucune explication (…) Je pense qu'il privilégie le collectif. C’est quelque chose que je pouvais comprendre avant le mois d’octobre, mais une fois qu’il m’a réintégré, je pensais que ce serait différent, que les meilleurs joueraient."

Des clubs étrangers sur le coup

Si les relations entre le joueur et son entraîneur sont restées cordiales, Diallo, qui continue de s’entraîner avec le groupe professionnel, sait que son aventure en Bretagne touche à sa fin, seulement un an et demi après son arrivée. Selon nos informations, il s’est déjà entendu avec ses dirigeants pour partir libre dès le mois de janvier, à six mois de la fin de son contrat, et plusieurs clubs étrangers ont récemment contacté son entourage. "Je suis ouvert à tout", réagit le joueur, qui n’a franchi les frontières de l’Hexagone que pour une saison à Charleroi, en Belgique (2010-11). "Partir de la France ne me ferait pas peur. Au-delà du challenge sportif, ce serait aussi un changement de vie radical." Quoiqu’il en soit, le départ est inéluctable. Au placard depuis des mois, Zakaria Diallo peut commencer à préparer ses valises...