Droits TV

La Ligue 1 a la folie des grandeurs !

Les droits TV de la L1 pourraient atteindre le milliard d'euros par an en 2020 !

Les clubs de Ligue 1, via la LFP et son directeur général Didier Quillot, espèrent récolter dans un futur proche un milliard d'euros annuels de recettes en droits TV. Dans cette optique, une consultation auprès des diffuseurs doit avoir lieu ce mardi. Avec le risque que ces derniers refusent de faire monter à ce point les enchères...

Avec 1 033 buts inscrits cette saison, soit plus qu’en Angleterre et qu’en Espagne, la Ligue 1 s’est offert une belle campagne de promotion en 2017-2018. L’arrivée dans le championnat de France de Neymar et le suspense maintenu aux différents étages du classement - excepté pour la première place - jusqu’à la dernière journée ont également participé à rendre l’élite du football français plus attractive, pour le plus grand plaisir des diffuseurs TV. Mais à force de crier sur tous les toits que la L1 leur en a mis plein les yeux cette saison, ces derniers vont peut-être devoir passer à la caisse plus tôt que prévu.

La LFP a effectivement décidé d’avancer une consultation sur les droits TV de la période 2020-2024 auprès des opérateurs. En d’autres termes, SFR, Canal Plus et BeIN Sports, les principaux acteurs du marché en France, ont été invités à se positionner aujourd’hui sur les sommes qu’ils pourraient accepter de débourser pour diffuser les matchs de Ligue 1 dans deux ans. La Ligue, qui perçoit actuellement 726,5 M€ chaque année (540 de la part de Canal Plus, contre 186,5 via BeIN Sports), espère selon L'Equipe atteindre la barre symbolique du milliard d’euros annuels !

SFR ne compte pas faire de folie

Bien sûr, le risque existe pour l’instance du football professionnel français, qui a lancé cette consultation contre l’avis des diffuseurs. Canal et BeIN auraient logiquement préféré patienter jusqu'en 2020 avant de revoir leurs investissements à la hausse et même SFR, qui attend de voir si son rachat des droits de la Champions League et de la Ligue Europa - effectif à partir de la saison prochaine - sera fructueux, serait peu enclin à faire grossir cette enveloppe des droits TV. "C’est peu probable, nous ferons des choix cohérents et raisonnables", a déjà prévenu Alain Weill, PDG d’Alice France, maison mère de SFR Sport.

Même s’il existe une possibilité pour les futurs acquéreurs de ces droits de les sous-licencier à d’autres opérateurs, il est difficile d’envisager qu’ils se livrent à cette concurrence exacerbée voulue par la Ligue et son directeur général Didier Quillot. Celle-ci ferait gonfler de plus de 300 M€ les recettes en droits TV de la Ligue 1 et, par conséquent, les clubs qui la composent bénéficierait de moyens supplémentaires pour réduire l’écart qui les sépare des autres formations européennes, en payant des indemnités de transferts toujours plus vertigineuses et en offrant des salaires encore plus juteux.

Mais depuis leurs canapés, les téléspectateurs sont loin de toutes ces considérations et ne verraient sûrement pas d’un bon oeil une hausse significative de leurs abonnements TV. Accentué années après années par les sommes délirantes qui circulent dans le milieu, le désamour du grand public pour le ballon rond, en France, n'en serait alors que renforcé. En plein essor, la Ligue 1 doit faire attention à ne pas sombrer dans la folie des grandeurs...