Metz

Opa Nguette : "À un moment donné, il faudra que je réfléchisse..." (exclu Madein)

Opa Nguette s'est confié dans une interview à MadeinFOOT.

Après un premier tournant en 2016-2017, où il a quitté Valenciennes pour le FC Metz et opté pour la sélection sénégalaise après avoir parcouru les équipes de France jeunes (U18, U19 et U20), la carrière d’Opa Nguette va prendre un nouveau virage en 2018-2019. Qualifié depuis la semaine dernière pour la Coupe d’Afrique des Nations, qui sera sa première grande compétition internationale, le joueur de 24 ans arrive en fin de contrat en Moselle, où ses débuts sous les ordres de Frédéric Antonetti (3 buts en 9 matchs de Ligue 2) laissent espérer une première saison pleine et, potentiellement, un départ vers de nouveaux horizons. Le jeune attaquant, qui se déplace à Lorient ce vendredi pour tenter de maintenir les Grenats à la première place du classement (20h, 12e journée de L2), sait qu’il traverse une période charnière et qu’il lui faudra faire les bons choix dans les mois, voire les semaines qui viennent...


 

MadeinFOOT : Vous venez de participer aux deux victoires du Sénégal contre le Soudan (3-0 et 1-0), synonymes de qualification pour la prochaine Coupe d’Afrique des Nations 2019. Ce serait pour vous une première grande compétition internationale.
Opa Nguette : "Oui, j’ai joué les deux matchs. Je suis rentré en cours de jeu sur le premier et j’ai été titularisé puis remplacé sur le deuxième. C’est une grosse satisfaction d’avoir participé à ça."

Vous avez débuté dans les sélections de jeunes en équipe de France, avant de rejoindre cette sélection sénégalaise. Quel est votre rapport à celle-ci ?
"Je suis d’origine sénégalaise, mes parents sont sénégalais, donc je me sens complètement sénégalais. Et les autres joueurs me considèrent comme leur frère. Je suis totalement investi dans cette sélection."

Vous êtes rentré à Metz deux jours avant la réception de Niort (3-0, le 19 octobre), contre qui vous avez marqué juste après votre entrée en jeu. Tout vous réussit ces derniers temps…
"Oui, on peut dire ça comme ça. J’ai été embêté par une petite blessure il y a environ un mois, mais j’ai bien récupéré et je me sens à 100% en ce moment."

Cette réussite symbolise celle de votre équipe, qui a tourné fort sur ce premier tiers de saison (9 victoires, 0 nul, 2 défaites).
"Ça tourne bien oui ! On est en confiance et, en plus, on gagne. Le groupe vit très bien je pense. Tout se passe bien."

L’attaque que vous formez avec Habib Diallo (11 buts), Ibrahima Niane (4 buts) et Farid Boulaya (4 passes décisives) est pour beaucoup dans ce début de saison canon.
"Il y a vraiment une concurrence saine entre nous. On essaie de tous s’entraider ; s’il y a une passe à faire pour un joueur en meilleure position, on va faire la passe. Par nature, en tant qu’attaquant, on est forcément attiré vers le but, mais la concurrence entre nous est vraiment bonne et nous pousse vers le haut."

Quelle est la part du coach Frédéric Antonetti dans cette réussite offensive ?
"Le coach travaille et insiste beaucoup sur notre positionnement, sur la manière dont on doit se déplacer avant de recevoir le ballon. Après, il nous laisse plus de liberté, que ce soit dans le dribble ou dans la passe. Tant qu’on finit les actions…"

Est-ce une approche qui vous correspond personnellement ?
"Forcément, oui, j’ai besoin de cette liberté. Mais je dois dire aussi que ce travail sur le positionnement est important et très bénéfique pour moi. C’est justement ça qui va nous permettre d’être plus libre."

C’est-à-dire ?
"Si notre déplacement, notre positionnement est bon, le défenseur va arriver à six ou sept mètres de nous, et non pas deux ou trois mètres. C’est ce qui va nous permettre d’avoir plus d’options ensuite. C’est vraiment sur ce point-là que je progresse le plus cette année."

Comment se passe votre entente avec Frédéric Antonetti ?
"C’est une bonne relation joueur-coach. Tout se passe bien, il veut seulement notre bien. Comme il nous l’a dit, il a des joueurs à développer et c’est ce qu’il fait."

Entreteniez-vous le même type de relation avec vos précédents entraîneurs à Metz ?
"Avec Philippe Hinschberger, je crois que ça se passait bien. Je jouais beaucoup, il plaçait beaucoup d’espoirs en moi. Malheureusement, la saison a été compliquée (Metz a fini 14e avec 43 points, ndlr) et, forcément, on dominait moins le championnat qu’aujourd’hui en Ligue 2, donc on était moins porté sur l’offensive. Avec Frédéric Hantz, ça s’est moins bien passé. Avec lui, je ne jouais plus..."

Avez-vous essayé de comprendre pourquoi ?
"On en a discuté quelques fois ensemble. Au départ, il me disais qu’il comptait sur moi et qu’il fallait que je me fasse ma place. Mais, au final, je n’ai jamais eu ma place…"

Frédéric Antonetti vous offre beaucoup de temps de jeu, malgré une situation contractuelle assez complexe. Dans pareil cas, vous n’aviez pas eu le même traitement il y a quelques années...
"À Valenciennes, j’avais été dans la même situation et on m’avait dit : ‘si tu ne prolonges pas, tu ne joues plus’. VA est un grand club et je garde de très bons souvenirs de mon passage là-bas, mais ça s’était mal terminé. Ici à Metz, je suis un peu dans la même situation ; j’arrive en fin de contrat. Je me focalise sur mon football, j’essaie de ne pas trop me poser de questions, mais je sais qu’à un moment donné il faudra que je réfléchisse…"

Vous êtes-vous fixé une date pour arrêter une décision sur votre avenir ?
"Non, pas encore. Ça viendra quand ça viendra…"

Des discussions ont-elles été entamées avec vos dirigeants pour prolonger ?
"Oui, il y en a, mais de mon côté j’essaie de me concentrer sur ce que je dois faire sur le terrain."

Remonter en Ligue 1 représenterait un bel argument pour vous convaincre de rester…
"Oui, forcément. La Ligue 1, c’est autre chose…"

Un départ cet hiver est-il envisageable ?
"Non, non, je finirai la saison à Metz, c’est une certitude. C’est mieux pour moi, je pense, que je finisse la saison ici."

C’est une saison qui va être éprouvante, à la fois mentalement et physiquement avec la CAN en juin, dès la fin du championnat. Vous sentez-vous prêt à cravacher jusqu’au mois de juillet ?
"Oui, bien sûr ! De toute façon, même en vacances, c’est assez rare que je bouge, je reste en famille en France. Et puis, je pense que je suis préparé pour enchaîner tout ça."