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Les ultras au coeur de la polémique

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Les supporters du PSG sont au coeur des critiques depuis deux jours

Parmi les 5 000 chanceux qui ont assisté à la large victoire du Paris Saint-Germain face à Waasland-Beveren (7-0), 1 000 ultras se sont entassés en bas du virage Auteuil. Un non-respect de la distanciation sociale qui a eu le mérité d'agacer le paysage du football.

Jeudi soir se déroulait au Groupama Stadium le premier match en Europe avec public depuis le retour du confinement. Celui-ci opposait Lyon aux Rangers de Glagow (0-2). Le lendemain, Paris a imité son rival rhodanien en recevant la modeste équipe belge de Waasland-Beveren. Et alors que 5 000 personnes se sont répartis sur les quelque 48 000 places du Parc des Princes, 1 000 ultras ont décidé de se réunir en bas du virage Auteuil. 

Durant toute la rencontre, les intéressés, sans masque, ont célébré leur retour à la vie, en offrant une très belle ambiance à l'enceinte francilienne. Mais ce rassemblement soudain, alors que la crainte d'une deuxième vague de contamination du coronavirus persiste en France, a allumé une polémique chez les acteurs du football. Le Parisien révèle d'ailleurs que l'Association des ligues de sport "déplore le comportement de certains supporteurs survenus au Parc des Princes. Mais en revanche, "l'agissement local de quelques supporteurs ne doit pas remettre en cause le processus du retour au public et pénaliser l'ensemble des compétitions professionnelles des différentes disciplines."

"Une hypocrisie totale"

A l'origine de l'arrêt des saisons de football en France, Roxana Maracineanu, la ministre déléguée des Sports, a reçu un courrier de Paul Goze, président de la ligue nationale de rugby. Celui-ci se dit "consterné et en colère par les agissements irresponsables d'une communauté." De son côté, Nathalie Boy de la Tour préfère tempérer sur la situation. "La joie de retrouver le chemin du stade ne doit en aucun cas faire oublier le respect strict des consignes sanitaires", indique la présidente de la LFP. "Le virus circule encore. Si nous voulons encore retrouver le chemin des stades à la rentrée, nous devons tous faire de responsabilité."

Cette polémique n'est pas pour autant suivie par tout le monde, à commencer par Pierre Barthélémy, avocat de l'association de défense et d'assistance juridique des intérêts des supporteurs (Adjais). "C'est une hypocrisie totale", s'indigne l'intéressé. "Dans toutes les discussions menées au niveau national, les ultras ont toujours prévenu qu'ils se comporteraient comme des Ultras si on les laissait revenir au stade. A partir du moment où on les laissait revenir au stade, il était clair pour tout le monde qu'ils pourraient soutenir leur équipe à leur manière."

Le PSG souhaite de son côté se défendre dans cette situation, mais aussi calmer les ardeurs des acteurs du sport français. "On n'a laissé entrer personne sans masque", explique le club de la capitale. "On ne peut pas mettre une personne derrière chaque supporteur. On avait mis des affiches partout et du gel à disposition." Des critiques que les ultras ne veulent aucunement entendre comme l'un d'entre eux qui s'est confié au Parisien. "C'est facile de nous taper dessus, mais à ce moment-là, qu'on tape aussi sur les boîtes de nuit en plein air, comme celle de Bagatelle. Nous à côté c'est de la rigolade."