Atalanta

Josip Ilicic doit se battre contre ses vieux démons

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Josip Ilicic doit résister face à ses vieux démons

Absent des terrains depuis la mi-juillet, Josip Ilicic n'est pas blessé physiquement. En revanche, l'attaquant slovène, écorché vif depuis sa naissance, doit se battre avec des blessures psychologiques beaucoup plus compliquées à éradiquer...

Plus vraiment lui-même depuis la reprise, Josip Ilicic (32 ans), qui réalisait l'une des meilleures saisons de sa carrière (21 buts, 9 passes en 34 matchs) , a disputé seulement 5 matchs (le dernier le 11 juillet) avec l'Atalanta. Et le Slovène, qui sera absent face au PSG dans 11 jours, aurait énormément de mal à retrouver le goût au football ces dernières semaines... Le Corriere della Serra explique, ce matin, que la crise épidémique du coronavirus et les nombreux morts dans le Monde, et surtout en Italie, auraient réveillé chez lui des douleurs psychologiques énormes...

Pour comprendre pourquoi l'attaquant de l'Atalanta est autant touché par les évènements, il faut remonter à son enfance. Né en 1988 à Prijedor, en Bosnie-Herzégovine, Ilicic a perdu son père à l'âge de sept mois lors d'un terrible massacre. Forcément, la perte de son père a été un lourd traumatisme, qu'il a tenté d'expliquer en interview. "Je ne sais pas ce que signifie le mot« papa », ce sont mes camarades de classe qui m'ont expliqué ce que c'est"

La situation en Italie lui a rappelé ses souvenirs douloureux

Pour nos confrères transalpins, le décompte des morts, le son des sirènes, les camions de soldats qui transportaient des cercueils hors de Bergame la nuit ainsi que l'épicentre de l'épidémie au sein de la ville italienne ont ravivé les souvenirs enfouis du joueur de la Dea. Ce dernier n'était d'ailleurs pas partant pour reprendre la Serie A après le confinement mondial. "Plus les jours passent, plus ça devient difficile de récupérer Ilicic" a notamment déclaré Gian Piero Gasperini, son entraîneur, ces derniers jours. "Nous sommes proches de lui"

Antonio Sivec, un de ses anciens coéquipiers à Palerme, a confirmé cette hypothèse et les douleurs enfouies du Slovène. "De temps en temps, je l'appelle pour savoir comment il va, mais maintenant il ne m'a pas répondu. Que se passe-t-il ? Pour moi, il a eu peur de la pandémie. Mais pas pour lui, pour ses filles. Il veut être le père qu'il n'a jamais eu avec eux. Tous ces morts lui auront rappelé la guerre ... Il est bouleversé, il n'y a pas d'autre explication ; c'est la peur, la peur qui bloque vos jambes". De retour chez lui en Slovénie, Ilicic doit désormais parvenir à retrouver la paix intérieure pour espérer faire son retour, un jour, sur les terrains de foot...

1/4 LDC